Voyage en Inde du Sud : à la recherche de soi

Crédit photo voyage en Inde : Emeline Viallard

Vous êtes peut-être passé à côté de l’info mais il y a quelques temps, j’ai proposé à ma communauté de témoigner sur le blog (sur Instagram).

L’idée est de vous donner l’occasion de partager une expérience de voyage qui vous a marqué. Emeline, une amie rencontrée à la danse, m’a tout de suite répondu qu’elle souhaitait parler de son voyage en Inde du Sud.

On s’est donné rendez-vous pour boire un verre afin d’en discuter et que je puisse la guider sur la rédaction. Une chose est sûre : il faut suivre son instinct et raconter ce dont on a envie de parler sans détour. Je suis là pour mettre en forme le texte par la suite.

Après quelques mois d’hésitation, Emeline a profité d’un trajet en train pour laisser ses doigts courir sur le clavier et nous raconter son expérience.

Toutes les photos sont d’elles (c’est aussi une excellente photographe, je vous invite à suivre son travail Instagram).

Un voyage en Inde du Sud seule

En écrivant ces premiers mots, j’ai envie de partager les sensations d’un voyage qui a été un tournant dans ma vie.

J’ai fait la démarche de partir toute seule en Inde du Sud. Une amie proche était partie là-bas et à son retour, elle était changée, différente. C’est en partie ce qui a motivé mon choix.

Je suis partie deux semaines en novembre 2017 dans le Sud-Ouest de l’Inde à Nedumgolam. Mon but était de participer à une retraite spirituelle dans un ashram. A ce moment de ma vie et de mon chemin, il était important que j’apprenne à mieux me connaître.

Dans un ashram, il est impossible de tricher. Et puis, il n’y a aucun intérêt à le faire puisque l’objectif est de travailler sur soi à travers une démarche spirituelle.

Que faire en Inde ?
Le lotus violet, tout une symbolique en yoga. – Crédit photo : Emeline Viallard

Avant de partir, je me souviens que ma psy m’a demandé ce que j’attendais de ce voyage. Je lui ai répondu que j’avais besoin de réponses en lui expliquant : « Je me vois comme une fleur avec un gros bourgeon violet foncé et une longue tige prête à éclore, au milieu d’une forêt avec du brouillard, et le soleil qui essaie de transpercer cet épais brouillard. Et j’ai envie que cette fleur puisse éclore ». Cela lui a fait penser au lotus (une fleur centrale dans le bouddhisme qu’on retrouve en méditation et en yoga).

Le déroulement de la retraite spirituelle dans l’ashram en Inde

Une fois en Inde, j’ai été surprise par l’humidité et la chaleur étouffante. Je me souviens avoir sorti un : « pfouuuu » en sortant de l’aéroport qui était beaucoup trop climatisé !

Après plus de 20h ou 30h de trajet (à vrai dire, je n’ai pas eu la force de compter), j’étais enfin arrivée à l’ashram. On m’a donné un collier de jasmin qui sentait divinement bon (j’avoue, j’ai un faible pour le jasmin).

Que faire en Inde du Sud dans une cure ayurvédique ?
Crédit photo : Emeline Viallard

Il était presque 17h à mon arrivée, j’étais déphasée, en plein jet lag et il m’était difficile de rester éveillée parce que je n’avais pas réussi à dormir dans l’avion. Heureusement, dans l’ashram, on dîne tôt et je suis directement partie me coucher parce que les journées commencent très tôt aussi.

Apparemment la première nuit j’ai très bien dormi (c’est ce qu’il y a marqué dans mon journal de voyage en tout cas !).

La journée type dans l’ashram :

  • 6h30-7h30 : méditation/yoga. Ce n’était pas obligatoire mais j’ai voulu profiter de l’expérience dans son entièreté.
  • 7h30 : petit déjeuner fait sur place et entièrement végétarien. C’était trop bon, je me souviens des bananes roses, petites mais très charnues, un délice ! Les crêpes indiennes étaient aussi succulentes. Enfin tout était trop bon !
  • Le reste de la journée : massages ayurvédiques sur la demi-journée (on vient pour ça dans le centre) et activités dans la deuxième partie de la journée.
  • 18h : dîner.
  • 20h : activité du soir (pas tous les soirs). Il pouvait s’agir de Satsung (conférence), de spectacle de chants, de danse traditionnelle, de Katakali (théâtre indien)…

Mais ça veut dire quoi Namaste ?

Dans cet ashram, il n’y avait quasiment que des Français. Sarva Atma, le créateur du centre et maître yogi, vit en France six mois dans l’année et en Inde le reste du temps. Il parle très bien français. Il était beaucoup plus facile de communiquer avec lui, mais aussi avec les autres participants à la retraite spirituelle.

Une chose qui m’a marqué dans ce lieu, c’est le matin, lors de la méditation et du yoga, il y avait des personnes du village qui venaient avec leurs enfants avant d’aller à l’école. J’ai trouvé ça formidable ! Les personnes travaillant dans le centre sont payées et choisissent ce qu’elles veulent faire (cuisine, ménage, massage…). L’ashram s’inscrit parfaitement dans la vie du village.

En écrivant ces mots, j’ai en tête une question que j’avais posé : « ça veut dire quoi Namaste ? ». J’entendais tous les gens le dire, mais plutôt en mode « bonjour ». Il était inconcevable pour moi d’employer des mots dont je ne connais pas la réelle signification.  J’ai eu la réponse : Namaste signifie je salue le divin qu’il y a en toi, je vois ton âme, je vois ton être en totalité. Ça m’a fait penser au film Avatar avec la phrase : je te vois.

Voyage en Inde du Sud : « le sentiment d’être à ma place »

Il s’est passé des choses très fortes pour moi émotionnellement parlant grâce à mes rencontres. Avec une des masseuses, qui avait 18 ans à l’époque, on a eu un feeling extraordinaire. Je me souviens de son rire, ses yeux, son regard.

Pourquoi aller faire du yoga en Inde ?
Bincy, la masseuse avec laquelle Emeline a eu un feeling incroyable. – Crédit photo : Emeline Viallard.

Quand on ne parle pas la même langue, il est parfois difficile de communiquer. Mais le vrai seul langage est celui des yeux et du cœur. Et quand on est connecté, il n’y a pas de secret : on voit les gens dans leur entièreté. C’est vraiment une chose qui m’a marqué, et qui est gravée en moi. Ces masseuses m’ont un peu fait penser à ma sœur, surtout au niveau des expressions de visage et du regard.

Dans ce lieu, je me sentais très bien, comme si j’étais à ma place. J’ai tissé de forts liens amicaux avec certaines personnes qui étaient en retraite avec moi. Il y avait tout type de gens à différents endroits de leur chemin spirituel. Là aussi, ce sont de belles rencontres, vraies, justes.

Au milieu de tout ça, cet amour, ces belles ondes, ces découvertes, je me suis rendue compte que j’ai réussi à me découvrir moi. Malgré les innombrables piqûres de moustiques, j’ai tenu bon et j’ai fait la découverte de mon lotus que j’ai à jamais dans la peau.

Crédit photo voyage en Inde : Emeline Viallard.
Crédit photo : Emeline Viallard 

L’Inde, symbole aussi de la misère

On m’a souvent posé la question après le voyage : ce n’était pas trop dur de voir la misère en Inde ? Même si on est un peu isolé dans l’ashram, on voit évidemment la misère quand on fait la route pour aller à l’aéroport, quand on visite, quand on fait les activités…

Faire une retraite spirituelle en Inde.
Crédit photo : Emeline Viallard

J’ai beaucoup de compassion et cela aurait pu m’abattre totalement. Mais j’ai appris à voir ce qui m’appartient ou pas. Cette misère ne m’appartient pas et c’est de cette manière que je me suis protégée.

Il faut dire que le Kerala est une région « riche » de l’Inde. C’est différent du Nord, plus pauvre. Peut-être que je le vivrais différemment quand j’y retournerai.

C’était un voyage merveilleux, rempli de belles découvertes avec de belles âmes, de très belles et longues discussions. J’invite les gens à découvrir qui ils sont pour savoir où aller, et toujours suivre leur petite voix intérieure car il n’y a qu’elle qui est juste et vraie. Namaste.

 

Si vous voulez tenter l’expérience vous aussi et faire une cure ayurvédique au coeur de l’Inde dans un ashram traditionnel, rendez-vous sur le site Maïthrimandir.

 

Vous voulez raconter votre histoire et partager une expérience de voyage qui vous a marqué sur ce blog ? Ecrivez-moi

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