A la découverte des volcans d’Indonésie

Posted on
Comment se rendre au Mont Bromo ?

En tour du monde, on découvre énormément de paysages, on vit beaucoup de beaux moments et on partage de multiples émotions fortes. Mais mon plus beau souvenir de voyage reste à ce jour le lever de soleil sur le mont Bromo.

L’Indonésie est un pays fantastique. De par sa richesse culturelle, sa grandeur, sa diversité de panoramas, la gentillesse de ses habitants… Et l’île de Java, appelée terre des volcans, représente parfaitement ce savant mélange.

L’univers magique du mont Bromo

Arrivés la veille dans le village du Bromo, on ne peut pas dire que mon premier aperçu m’ait laissé un souvenir agréable. Le voyage se fait depuis Probolinggo dans un minivan dans lequel nous étions à peu près 1000 (19 au lieu de 15 places normalement).

Bagages sur le toit, fenêtres ouvertes, c’est parti pour la montée au village. L’air se rafraîchit, le minivan est au ralenti, on s’approche du village. Sortez les rames, on s’est même mis à reculer dans une montée. La sensation n’était pas super rassurante.

Bref, nous arrivons en début d’après-midi dans le village de Cemoro Lawang. L’atmosphère est chargée, la fumée du volcan est diffuse dans tout le village. Nous ne sommes qu’à 2000 mètres d’altitude mais le mal des montagnes se fait un peu sentir. Nausées, tête qui tourne, je me contenterai d’une soupe ce soir.

L’avantage du minivan bondé, c’est que ça rapproche ! Nous avons déjà un petit groupe de français et d’un québécois prévu pour demain matin.

Après un repérage furtif pour la fameuse randonnée de nuit jusqu’au point d’observation du lever du soleil, nous partons nous coucher, frigorifiés et conscients que la nuit sera courte.

L’ascension de nuit

Réveil matin, 2h j’me réveille comme une fleur (non). Les yeux plein de sommeil, nous voilà partis à la conquête de l’Everest (barré) d’un mont près du Bromo offrant un point de vue parfait pour le lever du soleil.

Le départ est difficile, les corps devant se mettre en route et accepter d’être sollicités de si bonne heure (ou aussi tard). L’ascension dure environ 45 minutes à une vitesse de marche dynamique.

Nous arrivons au premier point de vue King kong Hill. Peu de gens sont déjà là mais nous décidons de grimper plus haut afin d’être sûrs d’avoir une vue dégagée. Pas fous, nous laissons quand même des éclaireurs en bas, au cas où. Il fait toujours nuit noire.

Nous nous installons sur le haut de la montagne et prenons un petit encas bien mérité. Nos miettes attirent immanquablement une petite souris peu farouche qui fera son casse dalle sans se soucier de notre envie qu’elle déguerpisse.

Où voir le lever de soleil au Bromo ?
Le temps s’arrête…

La magie du lever de soleil sur un des volcans d’Indonésie

Les couleurs commencent à changer. Le silence est de rigueur. Nous observons plus bas d’autres voyageurs s’attrouper sur la plateforme. Notre spot est quant à lui quasiment désert. Sous nos yeux, le volcan apparaît petit à petit.

Dans sa caldeira, la brume est restée prisonnière,
créant une atmosphère magique.
Le temps s’est arrêté.

Nous sommes comme suspendus à son fil, regardant ébahis, les nuances de rose, de violet, d’orange, de rouge et de bleu apparaître sous nos yeux. Les nuages semblent immobiles, seul le soleil témoigne de l’heure qui avance.

Les yeux gonflés de sommeil mais le sourire aux lèvres, nous entamons la descente dans la caldeira pour rejoindre le cratère.

Quels volcans d'Indonésie visiter ?
On se croirait dans un monde parallèle.
Comment se rendre au Bromo depuis Surabaya ?
En mode panoramique pour vous donner un aperçu de la vue !
Comment ne pas payer l'entrée au Bromo ?
Les couleurs changent rapidement et la brume s’estompe.

En route pour le cratère

La magie continue. Nous sommes seuls. Seuls nos discussions viennent perturber le silence de la matinée. Le soleil est au rendez-vous, le vent est quant à lui absent, nous permettant de profiter de l’instant sans avaler trop de poussière.

Comment se rendre dans le cratère du Bromo ?
Nous sommes bien dans la caldeira et non au bord de la mer !

La plupart des touristes optent pour l’option 4×4 pour rejoindre le cratère. Totalement hors de prix et surtout hors de notre conception d’une visite de volcan.
Ainsi, nous observons leur ballet au loin. Les touristes sont déposés et des chevaux prennent le relais pour les mener quasiment jusqu’en haut du cratère. Il ne faudrait pas se fatiguer outre mesure…

A quelle époque visiter le Bromo ?
La vue depuis le haut du cratère.

La magie s’estompe. Nous rejoignons bien malgré nous la foule. Oui, la foule. Il n’est que 9h du matin mais déjà les hordes de touristes se massent près de l’entrée du cratère. C’est donc à la queue-leu-leu, dans un escalier, que nous devons finir l’ascension jusqu’au cratère.
Les fumées qui s’en échappent sont impressionnantes mais si la vue est bien plus extraordinaire depuis le point de lever du soleil.

Est-ce dangereux de visiter le Bromo ?
L’intérieur du cratère, rejetant du soufre.

Nous repartons des étoiles plein les yeux par notre chemin dérobé dans la colline, sur les pas des chevaux qui ont bien mérité une pause.

Comment ne pas payer de 4x4 pour aller au Bromo ?
Les chevaux utilisés pour monter des touristes près de l’escalier menant au cratère…

Le Kawah Ijen, mine soufrière

Le temps de dire au revoir à nos compagnons de route français, nous reprenons la route en direction du Kawah Ijen, toujours accompagné de notre acolyte québécois. Quelques heures de train, où l’on essaie vaguement de dormir et un bemo plus tard, nous voilà dans le village de Banyuwangi. C’est de ce village que nous partirons, de nouveau au milieu de la nuit, pour une ascension du Kawah Ijen.

Faut-il porter un masque pour voir le Kawah Ijen ?
Les fumées de soufre du Kawah Ijen.

Masque ou pas masque ?

Nous partons aux alentours de 1h30 du matin pour être sûr de ne rien rater du spectacle. Un simple stop dans une épicerie pour un petit ravitaillement café/bananes/gâteaux en vue du petit déjeuner et nous voilà partis. Bercé par le moteur de la voiture, nous prolongeons volontiers notre courte nuit.

Nous ne trouvons personne sur la route et notre chauffeur est un peu pressé, nous mettons moins d’une heure pour arriver au départ de l’ascension. Il fait nuit noire. Nous payons nos entrées et commence la longue ascension à la lueur des lampes frontales ou des téléphones portables.

Ce fut quelque peu éprouvant, étant donné le manque de sommeil qui commençait à se faire sentir mais ça vaut plutôt le coup.

Comme nous avions démarré avant tout le monde, nous n’avons pas été gêné par la foule mais arrivés en haut, nous avons retrouvé un peu de monde.

Comment se rendre au Kawah Ijen ?
Un morceau de soufre vu de près.

La question qu’on s’était posée avant de monter, c’est est-ce nécessaire de mettre des masques à gaz ou non ? La réponse pour nous fut non.

  • D’abord parce que nous avons observé les flammes bleues d’en haut, nous ne sommes pas descendus au plus proche du cratère et donc au plus proche des fumées toxiques.
  • Ensuite, parce que les mineurs eux n’ont pas de masques à gaz. Et ils descendent tous les jours. Plusieurs fois par jour. Pour gagner quelques centimes d’euros par kilo de soufre récolté. Nous trouvions un peu exagéré de prendre un masque pour quelques heures passées en haut du cratère.
  • Enfin, parce que ça sent mauvais certes, mais nous n’avons pas souffert du manque d’oxygène. Les vents étant cléments et la fumée ne s’est dirigée qu’une fois vers nous pour un laps de temps assez court.

Les flammes bleues

Et qu’en est-il des fameuses flammes bleues ? Hé bien, il est vrai que nous en avons vu pas mal d’en haut et que ça vaut plutôt le détour. On a eu de la chance, parfois elles ne sont pas du tout visibles même au plus près dans le cratère. Notre ami Vincent est descendu mais nous a dit que c’était éprouvant principalement à cause du monde qui descend à la file indienne, gênant parfois (souvent) les mineurs venus chercher le soufre.

Les photos ne rendent malheureusement pas justice au spectacle que nous avons pu observer.

Le lever de soleil au Kawah Ijen

Nous nous sommes ensuite dirigés vers l’endroit supposé pour observer le lever de soleil. A ce moment-là, il faisait encore bien nuit et nous ne savions pas s’il aurait lieu sur le lac acide ou non. Pour tout vous dire, on ne voyez même pas le lac acide.

A quelle heure partir pour voir le lever de soleil au Kawah Ijen ?
Un lever de soleil occulté par les nuages.

On s’est assis en direction du lever de soleil, qui a malheureusement été légèrement occulté par les nuages et la fumée.

Mais le véritable spectacle a commencé derrière nous, sur le lac acide, au bleu profond et hypnotique.

Comme pour tous les levers de soleil, les couleurs évoluent rapidement, les ombres changent et les instants sont précieux car éphémères.

Où se situe le lac acide ?
Quelques minutes après les lever de soleil.
Comment prendre une photo du Kawah Ijen ?
Panoramique du Kawah Ijen et son lac parmi les plus acides du monde.
Combien coûte un voyage au Kawah Ijen ?
Le spectacle était encore plus beau de ce côté.

La descente du Kawah Ijen

Le retour sur la crête nous fit découvrir un nouvel environnement. L’avoir parcouru de nuit ne nous a en effet pas permis d’apprécier la beauté et la singularité de paysage lunaire.

Nous croisons des mineurs, ou plutôt d’anciens mineurs, reconvertis en guide, en modèle pour les selfies de touristes ou en sculpteur sur soufre. Nous repartirons avec une petite tortue. Tout est bon pour arrondir les fins de mois. Rappelons-le, les mineurs sont sous-payés : environ 0,05 € par kilo de soufre ramené directement de l’enfer sur Terre.

Quelles sont les conditions de travail des mineurs au Kawah Ijen ?
Un mineur, reconverti en sculpteur sur soufre.

Nous n’en avons pas croisé. Il y en a de moins en moins mais il en existe encore. Les mineurs travaillent tôt le matin pour ne pas être trop gêné par les touristes. En tongs, sans masque, ils descendent au plus près des vapeurs toxiques, provoquant des brûlures, des problèmes respiratoires et des séquelles neurologiques.

Pour en savoir plus sur leurs conditions de travail, je vous invite à lire et à voir le documentaire réalisé par Arte, Ijen, du soufre au selfie.

Pour ma part, j’ai également croisé des mineurs proposant de me porter jusqu’en bas sur un siège en échange de quelques roupies. Effectivement, j’ai éprouvé quelques difficultés, mes genoux ayant décidé que c’en était trop pour eux. Mais hors de question pour moi de me faire porter comme une reine au temps des esclaves. Même si je sais qu’ils font cela pour avoir davantage d’argent, l’idée me dérangeait profondément.

J’ai donc fait une grande partie de la descente en moonwalk, appelez-moi Alexia Jackson !

A lire également : Faire le Bromo et l’Ijen depuis Surabaya pour 700 000 roupies (44 €)

Related Post

2 Replies to “A la découverte des volcans d’Indonésie”

  1. Merci pour ce partage et ces sublimes photos !
    C’est très joliment raconté et ça m’a permis de m’évader un peu,je crois méme que j’ai réussi à sentir l’odeur du souffre.
    Merci à vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *